Idées reçues dans le transport urbain

 

Idée reçue n °1 POUR L’UTILISATEUR, LES TRANSPORTS PUBLICS COÛTENT TROP CHER: FAUX 

L’usage quotidien des transports publics est plus favorable au budget des ménages que la voiture particulière. Combiné à une évolution du rapport « affectif » à l’automobile et à un sentiment d’augmentation continue du prix des carburants (malgré les fluctuations que celui-ci peut connaître), cet atout peut se révéler décisif dans une période où les arbitrages financiers des ménages devront être de plus en plus rigoureux.

Idée reçue n °2 POUR UNE COLLECTIVITÉ LOCALE, INVESTIR DANS LES TRANSPORTS URBAINS, CE N’EST PAS UN INVESTISSEMENT RENTABLE: FAUX

S’il est légitime, lors de la constitution ou l’élargissement de structures intercommunales, que les nouvelles communes adhérentes revendiquent un « droit à la desserte », il appartient aux élus de veiller à ne pas en repousser les frontières au-delà des limites raisonnables, c’est-à-dire celles à l’intérieur desquelles il existe une densité urbaine suffisante pour justifier une desserte en transport collectif de type urbain.

Au-delà, une extension non maîtrisée des PTU risque de générer des frustrations ou une dérive des dépenses difficile à assumer à moyen ou long terme. En effet, le coût du foncier intervient beaucoup dans le choix des localisations, ce qui se traduit ensuite par de lourdes conséquences pour les collectivités et leurs budgets : - obligation pour les transports publics d’assumer les choix effectués - nécessité d’investissements de voirie coûteux - dommageables pour l’environnement.

Les politiques urbaines doivent donc se préoccuper, notamment dans le cadre des Schémas de Cohérence Territoriale (SCOT) et de leurs déclinaisons locales comme les Plans Locaux d’Urbanisme (PLU) et les Plans de Déplacements Urbains (PDU), de viser une densification raisonnable du tissu urbain, dont les avantages dépassent le seul aspect de leur desserte en transport public.

 

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Idée reçue n °3 UN TRANSPORT EN COMMUN EN SITE PROPRE GÉNÈRE DU TRAFIC MAIS PEU DE REPORT MODAL DE L’AUTOMOBILE VERS LE TRANSPORT PUBLIC:FAUX

Les conditions d’une modification significative des comportements en faveur des transports publics sont actuellement réunies, d’autant que le rapport de l’usager à l’automobile est aujourd’hui moins passionné que par le passé.

Il devient celui d’un consommateur rationnel, sachant faire de manière objective la part de ses avantages et de ses inconvénients et sachant mieux arbitrer en fonction du coût réel de chacun des modes. Selon Jean-Marie Guidez du CERTU, « le rapport culturel à la voiture change, même si l’automobile reste quelque chose d’important ».

Les Français n’ont plus le même rapport avec leur voiture, ils la considèrent davantage comme un service que comme un bien. Dans ces conditions, l’augmentation de la fréquentation du transport public sur les trois dernières années semble bien correspondre à un phénomène de fond. Les réseaux qui s’y sont préparés en investissant sont ceux qui en retireront les effets les plus positifs.

 

Site propre

 

Idée reçue n °4 LES SITES PROPRES BUS, ÇA NE SERT PAS À GRAND-CHOSE: FAUX

Moins coûteux en fonctionnement, plus attractifs pour la clientèle, porteurs d’une image positive pour les transports en commun, les sites propres cumulent les avantages. Il ne faut donc plus hésiter à les mettre en place lorsque la fréquentation, les difficultés de circulation ou la largeur de la voirie les justifient. Dans les autres cas, des approches graduées peuvent être développées.

La réalisation des sites propres doit se faire dans le cadre d’une démarche pragmatique. En effet, la mise en site propre intégral d’une ligne n’est pas toujours nécessaire et des aménagements partiels se révèlent souvent appropriés, quitte à commencer par installer des systèmes de priorité aux feux à certains carrefours. Ainsi, une enquête réalisée par l’UTP en 2005 montre que, parmi les aménagements réalisés en faveur des autobus, on ne compte que 5% de sites propres infranchissables pour 12,5% de couloirs franchissables et 83% de voirie banalisée.

C’est avec une telle approche « circonstanciée » que les aménagements envisagés risquent le moins de susciter une levée de boucliers de la part des automobilistes, puisqu’elle permet en fait, en plus d’un accroissement de la régularité de la ligne, un gain de vitesse généralisé tous modes confondus. Pouvant faire l’objet d’une approche progressive et prenant en compte les particularités du terrain, la création de sites propres bus se révèle une solution bien adaptée aux villes moyennes, ne nécessitant pas la mise en place de modes lourds.

 

Idée reçue n °5 MÊME SANS AMÉLIORER L’OFFRE DE SERVICES, LES COÛTS EXPLOSENT:FAUX

On constate que : - l’augmentation des coûts s’explique largement par l’évolution des facteurs de production (maind’œuvre, carburant), amplifiée par l’élargissement du périmètre d’intervention des réseaux de transport (sécurité, accessibilité, protection de l’environnement), - la baisse de la recette par voyageur contribue fortement à l’augmentation des contributions publiques, - c’est dans les réseaux qui ont fait le plus gros effort d’amélioration qualitative de l’offre que l’évolution des coûts a été la plus contenue.

La mise en place d’un TCSP et les politiques visant à faciliter la circulation des bus ou l’amélioration de la qualité et de la sécurité du service sont le gage du redressement des comptes d’exploitation. C’est donc plutôt en l’absence d’amélioration de l’offre que les coûts risquent d’exploser

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Idée reçue n °6 LE DÉVELOPPEMENT DE L’OFFRE ATTIRE DE NOUVEAUX CLIENTS, MAIS PAS DE RECETTES SUPPLÉMENTAIRES:FAUX

L’amélioration quantitative et qualitative de l’offre de transport se traduit donc par un accroissement sensible de la fréquentation, mais aussi des recettes. L’amélioration qualitative du service justifie des augmentations tarifaires en conséquence.

Autant il est difficile d’augmenter les tarifs lorsque le service ne répond pas aux attentes des usagers, autant il est légitime de le faire lorsque la qualité et la performance du service sont au rendez-vous.

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Idée reçue n °7 LE BUS EST POLLUANT:FAUX

Malgré leur coût, le caractère exemplaire des efforts accomplis par les transports publics dans un domaine auquel l’opinion publique est de plus en plus sensibilisée ne peut que renforcer leur image positive, voire leur attractivité vis-à-vis des utilisateurs potentiels.

L’utilisation de véhicules respectueux de l’environnement constitue de plus un élément de la qualité du service rendu aux usagers. Il convient toutefois de signaler que l’adaptation aux goûts et demandes de la clientèle (grandes baies vitrées, climatisation par exemple) vient contrecarrer ces efforts en augmentant à la fois le poids et la consommation des véhicules de transport public.

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Idée reçue n °8 LE TRANSPORT À LA DEMANDE, C’EST LA SOLUTION INCONTOURNABLE POUR LES ZONES PEU DENSES:FAUX

La notion de flexibilité, importante pour un service à la demande a un fort impact tant sur les coûts que sur la fréquentation. Le TAD n’est pas la panacée. Ce type de service doit s’inscrire dans une logique de réseau de transport public. Ceci exige : - un territoire à dominante urbaine, - des services avec un certain niveau de fréquentation, - une possible évolution de l’offre selon la demande et la configuration du réseau.

 

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