Delevoye et Pénicaud, double peine pour les retraités et les chômeurs

 

C’est l’une des angoisses des syndicats, et peut-être un casus belli : la future réforme risque de répercuter sur les retraites l’intégralité des accidents de carrière. Jusqu’ici, le régime général calculait les pensions sur les vingt-cinq meilleures années.

 

Avec le système par points, cet escamotage des « jours sans » n’est plus possible. Les points, en effet, sont attribués pour toutes les années, bonnes ou mauvaises.

 

 

Histoire d’apaiser les craintes des syndicats, Jean-Paul Delevoye a donc prévu un petit correctif : l’appel à la solidarité nationale. Des points gratuits pourraient être attribués pour les périodes perturbées, et pour le principal fléau, bien sûr : le chômage.


Mais il y a un hic : les points gratos dans ce dernier cas ne seront offerts que pour les périodes de non-emploi indemnisé !

Or là réforme Pénicaud de l’assurance-chômage, entrée en vigueur le 1er novembre, ratiboise considérablement les indemnisations. Et ce n’est pas exactement un détail.

Gare aux nasses populaires

 

Primo, la moitié des sans- emploi, soit 2 millions et demi, ne percevaient pas un copec  d’allocations avant la réforme Pénicaud de l’assurance-chômage.

Deuzio, cette réforme va provoquer une véritable hécatombe parmi les « privilégiés » qui touchent une alloc : selon, la simulation officielle de l’Unédic, 850 000 chômeurs ne percevront plus leur indemnisation et 710 000 verront leurs droits diminués. Et ce chaque année.

 

caisse autonome ci v2

 

 

 Les « victimes » de la réforme vont donc être frappées par un sympathique effet double lame : la première va couper leurs allocations de chômage, la seconde amputer leur retraite.


Pour les rescapés de cette double peine, une troisième lame — secrète — a été prévue : les caisses de retraite du régime principal (Sécurité sociale) et des complémentaires(Agirc-Ârrco) disposaient jusqu’à présent d’un petit bas de laine de 750 millions, dans lequel elles pouvaient piocher afin de gérer les cas les plus douloureux.

Cette réserve semble condamnée : l’Etat devrait s’embourber les 750 bâtons d’aide sociale.


Mais il y a toujours les Restos du cœur...


Alain Guédé: article du canard enchaîné